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L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.

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Vins et santé

En hommage au Professeur Paul-Henri CUGNENC, Chef de Service de Chirurgie Digestive et Cancérologique à l'Hôpital G. POMPIDOU. Président des Chirurgiens des Hôpitaux de Paris Vice-Doyen de la Faculté de Médecine Necker.

Depuis plus de 15 ans, alors que de nombreuses études scientifiques ont apporté la preuve qu'une consommation modérée de vin produisait des effets bénéfiques sur la santé, nous n'avons observé que de médiocres progrès en matière d'évolution de l'information, d'objectivité des messages de prévention, et de démembrement des regrettables amalgames qui associent l'image du vin à celle de tous les autres alcools.

Il est plus que jamais nécessaire, qu'au-delà de notre monde de la viticulture, de ses représentants et de ses élus, tous informés, mobilisés et convaincus, les scientifiques et les médecins acceptent de faire progresser dans leur environnement une Vérité, dont les éléments sont encore aujourd'hui loin d'apparaître comme consensuels.

Les effets bénéfiques d'une consommation modérée sont avant tout liés à l'action des polyphénols et de leurs propriétés antioxydantes qui réduisent les risques de thrombose et d'évolution athéromateuse. Nous trouvons dans la population française, malgré son exposition à des facteurs de risque reconnus et répandus (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, tabagisme) un taux de mortalité d'origine coronarienne et cardiovasculaire qui est le plus bas de ceux qu'on observe dans les pays industrialisés. La consommation modérée de vin semble, dans le cadre d'une alimentation équilibrée un facteur déterminant de cette situation privilégiée, qu'il est convenu d'appeler " French paradox ".

Ce message de vérité nécessite également de démembrer les amalgames qui pénalisent le vin et qui sont, pour des raisons parfois ingénues, ou plus volontiers machiavéliques, entretenues avec une troublante répétitivité :

Dans le cadre général de la santé publique, l'image du vin est trop souvent associée à celle de tous les autres alcools, alors que les effets bénéfiques de sa consommation modérée en font un cas tout à fait particulier.

En matière de prévention, il faut clairement séparer le partenariat constructif et la concertation naturelle que nous avons avec ceux qui militent pour une consommation modérée, et dont les positions, les arguments et les objectifs sont les nôtres et l'impossible dialogue avec les défenseurs dogmatiques d'une " alcoolémie zéro ". Cette doctrine sans nuance de ceux qui prônent l'interdit reste vraisemblablement minoritaire dans le monde scientifique et dans l'opinion publique, mais elle entretient une regrettable opacité et un troublant amalgame entre la modération et l'interdit qui représentent en fait deux approches antinomiques.

En matière de sécurité routière, il n'est pas tolérable de laisser penser que le vin est la cause emblématique de toutes les alcoolémies élevées à l'origine des accidents graves. Pour une meilleure efficacité de toutes les politiques à mettre en place, il est nécessaire de connaître la responsabilité de chaque type d'alcool dans le cadre des infractions comportant des taux d'alcoolémie très élevés. Ce troisième amalgame, qui ne permet pas aujourd'hui d'individualiser les boissons alcoolisées responsables, nuit gravement à toute stratégie de transparence et d'efficacité, et pénalise injustement le vin.

Rétablir la Vérité dans l'approche scientifique de ce dossier Vins et Santé, et dans la suppression des amalgames habituels, injustes, et insupportables, devient aujourd'hui le premier objectif de tous ceux qui sont convaincus que la défense du vin modérément et intelligemment consommé, et de l'inestimable patrimoine que représente notre viticulture, est parfaitement compatible avec une politique efficace et objective de santé publique.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération